Plan d'urgence personnel

 Dernière relecture le 28 janvier 2026
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Objectif : « Notre sécurité, c'est nous ! », ça veut aussi dire avoir des plans pour notre sécurité individuelle, dont on espère ne jamais avoir besoin. Cet outil complet de planification de la sécurité couvre plusieurs scénarios et approches pour t'aider à te préparer aux différents types de risques auxquels tu pourrais faire face.

Contexte : Alors que le régime autoritaire continue de consolider son pouvoir aux États-Unis, on voit de plus en plus de criminalisation de la contestation. Même si la probabilité que l'un·e d'entre nous soit arrêté·e pour son engagement politique reste faible, il est sage de se préparer à des arrestations ou à des menaces de l'opposition à notre domicile.

Scénarios d'urgence auxquels ce guide est conçu pour répondre :

  • Tu es placé·e en détention
  • Tu es dans l'incapacité d'agir ou injoignable
  • Un agent du gouvernement est à ta porte (ex. : « il veut juste parler », mandat de perquisition, mandat d'arrêt)
  • Il y a un risque que des personnes violentes débarquent chez toi et tu dois partir rapidement
  • Une autre crise survient, tu ne te sens pas en sécurité et tu as besoin de soutien

Ce que couvre cette planification : Ce guide t'accompagne pour :

  • Connaître tes droits et savoir comment réagir face à la répression d'État
  • Organiser le soutien en cas de crise et construire ton réseau de soutien personnel
  • Préparer tes colocataires à ce qu'il faut faire si les flics sont à la porte
  • Identifier et préparer tes contacts d'urgence
  • Rassembler les informations importantes dont tes contacts d'urgence pourraient avoir besoin si tu es injoignable
  • Planifier une évacuation pour quitter rapidement ton domicile
  • Évaluer et améliorer la sécurité de ton domicile
  • Tisser des liens d'entraide avec tes voisin·es tout en évaluant les risques potentiels dans ton entourage

Adapte à tes besoins : Cet outil a été créé pour une organisation précise, à partir d'une évaluation des menaces qui lui est propre. En parcourant l'outil, tu verras que les sections sont classées par priorité (obligatoire ou recommandé). Nos vies, nos communautés et nos conditions sont toutes différentes. Beaucoup d'entre nous font face à des risques et des menaces multiples, qui se recoupent. Il n'y a pas de plan universel, alors choisis ce qui a du sens pour ta situation.

Comment utiliser cet outil : Tu peux parcourir les sections seul·e, en te concentrant sur les points les plus pertinents pour ta situation. Ou tu peux préférer réunir une équipe d'ami·es et de membres de ta communauté pour faire la planification ensemble et créer des systèmes d'entraide. Beaucoup de gens trouvent qu'une approche hybride fonctionne bien : remplir certaines sections seul·e et d'autres avec des personnes de confiance de leur entourage.

À retenir : La sécurité, c'est une question de progrès, pas de perfection. Tu n'as pas besoin de remplir toutes les sections — concentre-toi sur ce qui te semble le plus important et faisable dans ta situation.

Version courte (tl;dr)

Si tu n'as pas le temps de remplir toute cette fiche, réponds à ces questions :

  1. Qui est ta personne de confiance ? Si tu te faisais arrêter ce soir, qui appellerais-tu ? Est-ce que tu connais leur numéro par cœur ?
  2. Est-ce que ces personnes ont ce qu'il leur faut ? Ont-elles : une liste des autres personnes à contacter, tes infos médicales et le numéro d'une permanence juridique ? Ont-elles ce qu'il faut pour s'occuper de tes animaux, de tes enfants, etc. ?
  3. Où irais-tu si tu ne te sentais pas en sécurité chez toi ? Si tu devais quitter ton logement ce soir parce que tu ne t'y sens pas en sécurité, où dormirais-tu ? Est-ce que cette personne est au courant ?

Fiche de planification

Tu peux utiliser ce modèle de fiche de planification pour conserver les informations que tu partages avec tes contacts d'urgence de confiance. Pour plus de sécurité, tu peux tout conserver sur papier plutôt qu'en numérique.

Section 1 : L'essentiel

Si possible, transmets 1 ou 2 contacts d'urgence à tes camarades et/ou à ton lieu de travail. On te recommande d'y inclure ta personne de confiance principale, si possible (expliqué dans la Section 2). Ton lieu de travail et/ou ton groupe militant contacterait ces personnes s'il te voyait te faire arrêter et devait prévenir ton réseau de soutien.

Cette affiche aide à te rappeler, à toi et aux personnes qui vivent avec toi, quoi faire en cas d'urgence. Elle informe aussi les gens qui passent chez toi sur leurs droits.

Comment utiliser l'affiche

  1. Imprime notre affiche « Les flics à la porte » pour connaître tes droits →
  2. Remplis les contacts d'urgence pour toi et les personnes qui vivent avec toi (plus de conseils à ce sujet dans la section 2)
  3. Affiche-la à côté de ta porte

Le Center for Constitutional Rights a publié une brochure complète sur les bonnes pratiques pour réagir face à la répression d'État. Elle explique les outils que l'État peut utiliser, ainsi que les tactiques et les droits que chacun·e devrait connaître.

DO: Pratiquez la solidarité militante en gardant le silence.
DO NOT: ouvrir la porte ni parler aux flics

Créez des protocoles à la maison pour gérer les visites inattendues, afin d'éviter les intrusions et de mieux protéger tout le monde.

Règles de base proposées pour répondre à la porte

  1. Tu n'es pas obligé·e d'ouvrir la porte : tu peux parler à travers la porte ou ne pas répondre du tout
  2. Si ce sont les flics ou des agents du gouvernement : n'ouvre pas la porte, sauf s'ils ont un mandat. Demande à voir le mandat à travers une fenêtre ou demande-leur de le glisser sous la porte
  3. S'ils disent avoir un mandat : demande-leur d'indiquer clairement leur nom, leur agence et le motif de leur visite avant d'ouvrir
  4. Ne fais jamais entrer les agents : même si tu ouvres la porte, tu peux sortir et refermer la porte derrière toi
  5. Vérifie toujours qui est à la porte avant d'ouvrir : utilise un judas, une fenêtre ou une sonnette avec caméra si tu en as une

Comment établir des règles pour répondre à la porte

  1. Partage la ressource « If An Agent Knocks » du Center for Constitutional Rights avec les autres personnes de ton foyer
  2. Établis des règles à la maison pour vérifier l'identité des gens avant d'ouvrir la porte. Voir le modèle ci-dessus.
  3. Partage les protocoles pour répondre à la porte avec toutes les personnes du foyer et discutez-en (voir le déroulé de discussion ci-dessous)
  4. Entraîne-toi à ce que tu pourrais dire aux visites inattendues (livraisons que tu n'as pas commandées, etc.)

Exemple de discussion avec les personnes du foyer qui ne connaissent pas ce contexte :

« J'aimerais qu'on parle de comment on gère les visites inattendues à notre porte, surtout si ce sont les flics ou des agents du gouvernement. Mon engagement me pousse parfois à remettre en cause des systèmes puissants, et ça pourrait attirer l'attention des autorités.

Ça ne veut pas dire qu'il va se passer quelque chose de grave, mais je veux qu'on soit prêt·es, au cas où. C'est un peu comme avoir un plan d'évacuation en cas d'incendie : on espère ne jamais en avoir besoin, mais c'est malin de savoir quoi faire à l'avance.

Les choses les plus importantes à retenir :

  • On n'est pas obligé·es d'ouvrir la porte à qui que ce soit, sauf s'ils ont un mandat
  • On n'est pas obligé·es de répondre aux questions des flics ou d'autres agents
  • On peut toujours dire « Je ne veux pas parler sans la présence d'un·e avocat·e »
  • Si quelqu'un prétend venir d'une entreprise ou d'un service qu'on n'a pas appelé, on doit lui demander un justificatif

Je ne te demande pas de devenir militant·e ni de t'impliquer dans ce que je fais. Je veux juste m'assurer qu'on est tous et toutes en sécurité et qu'on connaît nos droits. Est-ce que ça te paraît logique ? Est-ce que tu as des questions sur pourquoi c'est important ? »

Alors que le guide du CCR s'adresse surtout aux individus, le Troublemaker's Guide du Catalyst Project propose une compréhension de la répression d'État à l'échelle des organisations.

À noter : le Catalyst Project est une organisation antiraciste. Le guide montre clairement comment, historiquement, les organisations et les groupes majoritairement blancs et dirigés par des personnes blanches ont été le maillon faible face à la répression d'État. Si ça s'applique à ton contexte, prends ce qui t'est utile et laisse de côté ce qui ne te concerne pas.

Section 2 : Plan de sécurité personnelle

Cette section t'aidera à préparer tes contacts d'urgence en leur donnant les infos nécessaires pour te soutenir si tu es placé·e en détention ou injoignable en cas d'urgence.

Avoir tous ces contacts au même endroit, bien organisés, fait gagner un temps précieux en cas d’urgence. Plus loin, on te proposera de partager ces contacts avec ta « personne de confiance principale » et d’autres camarades clés.

Qui utilisera cette liste :

  • Toi : si tu peux passer des appels et que tu as juste besoin d’activer du soutien pendant une crise
  • Ta « personne de confiance principale » (décrite plus en détail dans l’étape suivante) : cette personne activera le soutien si tu n’es pas en mesure de le faire
  • Tes colocs : certains de ces numéros devraient figurer sur l’affiche « Les flics à la porte » sur tes droits.

Comment choisir tes contacts d’urgence

Qui inclure éventuellement :

  • Responsables d’organisation - ça peut être ton lieu de travail et/ou le(s) groupe(s) avec lesquels tu t’organises ; pense aux personnes qui pourraient mobiliser d’autres gens pour te soutenir et/ou qui ont accès aux réseaux de soutien juridique du mouvement
  • Ami·es proches - des personnes qui tiennent à toi et voudraient savoir si tu as des ennuis
  • Contacts de la communauté - des personnes des milieux militants qui pourraient apporter un soutien spécifique
  • Membres de ta famille (choisie) - parents, frères et sœurs, cousin·es, partenaires, enfants
  • Personnes pour le soutien pratique - quelqu’un qui pourrait s’occuper de tes animaux, arroser tes plantes, gérer la logistique immédiate

Quelles informations noter pour chaque personne :

  • Nom complet et lien avec toi
  • Numéro de téléphone principal
  • Nom d’utilisateur Signal (si la personne a Signal)
  • Autre moyen de contact si disponible (téléphone pro, e-mail, etc.)
  • Le type de soutien que la personne peut apporter (« peut donner des conseils juridiques », « a un double des clés », « bon soutien émotionnel », « pourrait s’occuper de mon chat »)

Où conserver ces informations :

  1. Enregistre-les dans les contacts de ton téléphone (si ce n’est pas déjà fait)
  2. Enregistre-les dans un document en ligne partageable pour que tes autres contacts d’urgence puissent y accéder (on recommande Proton Docs ; consulte notre guide pour utiliser Proton en toute sécurité).
  3. Note-les sur papier et range-les dans un endroit sûr en guise de sauvegarde.

Une « personne de confiance principale » garde des informations d'urgence pour toi et sera ton contact principal si tu es détenu·e, menacé·e, ou si tu as besoin d'aide pour réfléchir à une situation de crise. Choisis la personne en qui tu as le plus confiance pour t'aider en cas de crise.

Comment préparer ta personne de confiance principale

Qui choisir :

  • Ça peut être un membre de ta famille, un·e ami·e proche, ton ou ta partenaire, ou un·e mentor·e : la personne dont tu es le plus sûr·e qu'elle répondra au téléphone et sera là pour toi quand les choses deviennent effrayantes.
  • Cherche quelqu'un qui reste calme sous pression et qui sait garder des informations pour soi.
  • Pense à sa disponibilité : est-ce que son téléphone est souvent éteint ? Peut-elle s'engager à te prévenir quand elle sera injoignable ?
  • Si tu as beaucoup de personnes parmi lesquelles choisir, prends la plus fiable et la plus disponible.
  • Si ton réseau de soutien est petit, choisis la personne en qui tu as le plus confiance : avoir quelqu'un vaut toujours mieux que n'avoir personne.
  • Pense aussi à choisir une personne de secours secondaire au cas où ta personne de confiance principale serait injoignable. Cette personne gardera des informations d'urgence pour toi et sera ton contact principal si tu es détenu·e, menacé·e, ou si tu as besoin d'aide pour réfléchir à une situation de crise.

Comment la préparer :

  1. Choisis ta personne de confiance principale
  2. Prévois une conversation avec ta personne principale
  3. (Si possible) Demande à ta personne principale de télécharger l'application de messagerie Signal
  4. Enregistre et transmets tous les contacts d'urgence

Exemple de texte : J'aimerais te parler de quelque chose d'important. (Comme tu le sais,) le travail politique que je fais remet en cause des systèmes d'oppression, et à cause de ça, les gens de notre milieu sont parfois ciblés par des agences gouvernementales ou d'autres groupes hostiles. Ça n'arrive pas souvent, mais on veut être prêt·es et protéger tout le monde. Je voulais te demander si tu serais d'accord pour être mon contact d'urgence principal : quelqu'un que je pourrais joindre si un jour je me retrouve dans une situation de crise. Ça pourrait vouloir dire que des agents du gouvernement viennent me voir, ou que je dois quitter mon logement rapidement à cause de menaces. Si tu es d'accord, j'aurais besoin que tu :

  • Gardes cette conversation et toutes les informations que je te confie complètement privées
  • Ne parles jamais de moi ou de mon travail à des agents du gouvernement ou aux flics sans m'en parler d'abord
  • Télécharge une application qui s'appelle Signal pour qu'on puisse communiquer de façon sécurisée sur les sujets sensibles - et on ne devrait parler de ces choses-là que sur Signal ou en personne, jamais par SMS classique ou par e-mail
  • Gardes quelques coordonnées d'urgence pour moi
  • Je te demanderais aussi de me prévenir si tu pars en déplacement, pour que je puisse prévoir une personne de secours disponible> J'espère ne jamais avoir besoin de ce soutien, mais savoir que j'ai quelqu'un de confiance qui est prêt·e me rassurerait énormément. Est-ce que tu te sens à l'aise de prendre ça en charge ? Est-ce que tu as des questions sur ce que je te demande ?

Une remarque sur la communication via Signal : on te recommande de communiquer avec ta personne de confiance principale sur Signal quand c'est possible. En cas d'arrestation, tu la contacteras bien sûr par un appel téléphonique. Mais si ton plan de sécurité doit être modifié, si des agents de l'État te rendent visite ou si tu es menacé·e par des membres du camp adverse, tu dois prévenir immédiatement ta personne de confiance principale, idéalement sur Signal. Pense à activer les messages éphémères dans vos conversations (1 semaine recommandée) et demande-lui d'activer les notifications pour qu'elle voie tes messages tout de suite. Suis notre Checklist de sécurité Signal pour l'utiliser de façon sécurisée.

Suis les étapes ci-dessous pour créer un document de référence complet qui te servira de « manuel d'urgence » : tout ce dont ta personne de confiance principale aurait besoin pour t'aider si tu es arrêté·e, menacé·e ou en situation de crise.

Comment remplir la fiche de planification de sécurité

  1. Document : tu peux utiliser ce modèle de fiche de planification de sécurité pour regrouper tes réponses au même endroit. Tu peux noter tes informations sur papier ou utiliser une plateforme chiffrée de bout en bout comme Proton Docs (voir notre guide pour utiliser Proton en toute sécurité).
  2. Liste tous tes contacts d'urgence (voir la section 2)
  3. Note où se trouvent tes papiers importants
    • Permis de conduire, carte d'identité d'État, passeport
    • Acte de naissance, carte de sécurité sociale, documents d'immigration (green card, visa, documents de naturalisation)
    • Cartes d'assurance santé et dossiers médicaux importants
    • Acte de mariage, documents de divorce, documents de garde d'enfants
    • Testament, procuration, directives médicales anticipées
  4. Autres documents/informations à inclure éventuellement :
    • Contrats d'assurance auto, habitation locataire/propriétaire et vie
    • Informations bancaires et documents financiers
    • Bail de location ou documents de prêt immobilier
    • Contrats de travail, licences professionnelles
    • Informations sur les comptes d'eau, d'électricité, de gaz et autres services
  5. Autres informations à inclure éventuellement : sois précis·e sur les emplacements. Indique les codes d'accès ou les clés nécessaires.
    • Où tu gardes ton argent liquide d'urgence et tes cartes de débit/crédit de secours
    • Médicaments et fournitures médicales en réserve
    • Doubles des clés (maison, voiture, travail)
    • Fournitures importantes pour les personnes et animaux à ta charge (nourriture pour animaux, affaires pour bébé, etc.).
  6. Besoins médicaux : note tes médicaments actuels, tes besoins médicaux et les coordonnées de ton médecin. Ces informations peuvent être utiles si tu es arrêté·e ou hospitalisé·e.
  7. Ajoute les coordonnées de ressources juridiques locales : cherche et note les coordonnées de ressources juridiques locales qui pourraient t'aider si tu es arrêté·e, interrogé·e par les flics ou si tu as besoin d'un soutien juridique. Pense à inclure des organisations adaptées à ta situation et à ton identité. Ta personne de confiance aura ainsi un accès immédiat à une aide juridique quand chaque minute compte.
    • Section locale de la National Lawyers Guild (NLG)
    • Lignes d'assistance juridique et avocat·es en droit de l'immigration (si pertinent)
    • Cliniques juridiques LGBTQ+/trans (si pertinent)
    • Organisations d'aide juridique d'urgence générales
    • Caisses de solidarité pour les cautions ou groupes juridiques d'intervention rapide
    • Lignes d'assistance « Connais tes droits »
    • Tout·e avocat·e personnel·le avec qui tu es en contact
  8. Partage : donne ta fiche de planification de sécurité remplie à ta personne de confiance principale

Assure-toi qu'au moins une personne de confiance a accès à ton logement et sait où trouver tes affaires essentielles au cas où tu ne pourrais pas y accéder toi-même en cas d'urgence. Ça peut être ta personne de confiance principale ou non, selon qu'elle habite près de chez toi ou pas.

Comment préparer quelqu'un à accéder à ton logement

  1. Choisis une personne qui pourra accéder à ton logement et trouver tes affaires essentielles en cas d'urgence
  2. Donne une clé à la personne de confiance ou organise un accès à une clé
  3. Montre-lui où se trouvent tes documents importants
  4. Montre-lui où se trouvent ton argent et tes ressources d'urgence
  5. Montre-lui où se trouvent tes médicaments et ton matériel médical

Section 3 : Sécurité à la maison

La sécurité du domicile est importante si l'opposition découvre où tu habites et menace de débarquer chez toi.

Fais le tour de ton logement et de ses alentours pour repérer ses points forts et ses failles en matière de sécurité. Note ce que tu observes : tu utiliseras ces notes pour définir tes priorités d'amélioration dans la section suivante. Pense à le faire avec une personne de confiance de ton foyer ou un·e ami·e pour avoir un second regard. Si tu es locataire, concentre-toi sur les changements que tu peux faire sans l'accord de ton propriétaire, et note les problèmes de sécurité au niveau de l'immeuble dont tu pourrais parler avec ton propriétaire ou pour lesquels tu pourrais te mobiliser avec les autres locataires.

Comment faire le tour de ton logement pour évaluer sa sécurité

  1. Prévoir un endroit pour prendre des notes
  2. Faire le tour de l'extérieur du logement et noter les points d'accès (portes, fenêtres, balcons)
  3. Tester la sécurité des portes et fenêtres : vérifier les serrures et évaluer la facilité avec laquelle elles pourraient être forcées
  4. Évaluer l'éclairage autour du logement, dans les couloirs et aux entrées
  5. Noter les objets à l'extérieur qui pourraient aider des intrus (échelles, meubles, outils)
  6. Évaluer la sécurité de l'immeuble (interphones, portes multiples, habitudes des résident·es)
  7. Vérifier ce qu'on peut voir par les fenêtres depuis l'extérieur
  8. Recenser les mesures de sécurité déjà en place (serrures, portails, clôtures, caméras, etc.)

Relis tes notes de l'évaluation de ton logement et choisis les améliorations les plus importantes et les plus faisables dans ta situation. Concentre-toi sur les changements qui te semblent le meilleur usage de tes ressources.

Comment faire

  1. Relis tes notes d'évaluation et classe par priorité les améliorations les plus importantes
  2. Fixe-toi un calendrier pour mettre en place les améliorations choisies. Demande du soutien et de l'aide pour tenir tes engagements à tes colocs et/ou à ta personne de confiance principale.
  3. Suis l'avancement des points prioritaires que tu as choisis

Ça peut prendre du temps de faire tout ça, alors on l'a séparé de l'étape précédente.

Comment mettre en place les mesures de sécurité à la maison

  1. Procure-toi une trousse de premiers secours : garde une trousse de premiers secours de base à un endroit que tout le monde chez toi connaît et peut atteindre rapidement en cas d'urgence.
  2. Enlève ce qui pourrait aider des intrus : en te basant sur les notes de ton évaluation, sécurise ou déplace tout ce qui se trouve dehors et qui pourrait servir à grimper jusqu'aux fenêtres ou aux portes.
  3. Renforce la sécurité des portes et des fenêtres
  4. Améliore l'éclairage : ajoute de la lumière dans les zones que tu as repérées comme mal éclairées pendant ton tour des lieux, pour dissuader les intrus et mieux voir les menaces potentielles.
  5. Procure-toi un broyeur : passe tes documents sensibles ou personnels au broyeur avant de les recycler
  6. Choisis un mot de passe solide pour ta box : change le mot de passe de ta box Wi-Fi pour une phrase de passe aléatoire mais facile à retenir afin de mieux protéger ton réseau contre les intrus.
  7. Procure-toi un coffre-fort ignifugé pour tes documents importants.
  8. Pense à des caméras de sécurité ou à une alarme : renseigne-toi sur les options respectueuses de la vie privée, comme les caméras Eufy, qui ne se connectent pas automatiquement aux flics.
  9. (Si besoin) Vois avec ton proprio pour améliorer la sécurité de l'immeuble : si tu es locataire et que tu repères des problèmes de sécurité au niveau de l'immeuble, parle à ton proprio des améliorations nécessaires. Contacte les autres locataires si ça peut aider à porter vos demandes collectivement.

Ce genre d'objets de sécurité personnelle peut rester chez toi, ou être accroché à ton porte-clés si tu veux les avoir sur toi partout où tu vas.

Comment te procurer des objets de sécurité personnelle

  1. Pense à te procurer une alarme personnelle porte-clés. Jette un œil à Birdie.
  2. Pense à te procurer une bombe lacrymogène au poivre. Jette un œil à POM. (Vérifie bien les lois locales et celles de ton État. Tous les États autorisent à en porter une, mais certains limitent sa concentration.)

Prends des habitudes qui t'aident à repérer les activités inhabituelles, les personnes inconnues ou les menaces potentielles autour de chez toi. Fais confiance à ton instinct si quelque chose te semble bizarre.

Comment développer ta vigilance situationnelle

Pratiquer la vigilance situationnelle au quotidien peut t'aider à te préparer à des situations plus risquées :

  1. Entraîne-toi à observer les alentours avant de sortir de chez toi
  2. En rentrant chez toi, regarde autour de toi avant de t'approcher de la porte
  3. Observe et retiens ce qui est normal dans ton quartier
  4. Fais confiance à ton instinct et change tes plans si quelque chose ne va pas. (Appelle un contact d'urgence. Frappe à la porte d'un·e voisin·e. Fais ce qui te semble le plus sûr.)

Si tu veux approfondir, jette un œil à cette formation en anglais, Situational Awareness 101, proposée par 18 Million Rising et Nonviolent Peaceforce.

Évalue honnêtement les personnes de ton entourage proche pour identifier qui pourrait t'apporter un soutien mutuel et qui pourrait représenter un risque pour ta sécurité.

Comment faire

  1. Tiens compte des besoins de sécurité de chaque membre de ton foyer et de leur volonté de suivre les protocoles
  2. Repère les voisin·es et membres de ta communauté qui pourraient représenter un risque pour ta sécurité
  3. Élabore des stratégies pour gérer les relations potentiellement problématiques (quelques idées ci-dessous)

Réfléchis à des approches concrètes pour gérer en toute sécurité tes relations avec les personnes que tu as identifiées comme potentiellement hostiles ou à risque. L'objectif, c'est de limiter les conflits et ton exposition, sans laisser la peur dicter complètement tes choix. Chaque situation demande une stratégie différente — certaines personnes nécessitent des limites fermes, d'autres qu'on les évite prudemment, et avec certaines, ça peut se gérer en gardant un contact stratégique.

Stratégies pour différents types de relations difficiles

Avec des voisin·es ou membres de la communauté hostiles :

  • Garde un contact poli mais minimal - ne te lance pas dans des discussions politiques et ne réponds pas aux provocations
  • Évite de partager des détails sur ton travail, tes projets de voyage ou ta vie perso
  • Pense à avoir des témoins présents lors des interactions inévitables

Avec des colocs qui refusent de suivre les protocoles de sécurité :

  • Aie des conversations claires et directes sur les besoins de sécurité précis et les conséquences
  • Concentre-toi sur les comportements qui ont un impact direct sur ta sécurité plutôt que d'essayer de changer leur attitude en général
  • Prévois des plans de secours qui ne dépendent pas de leur coopération
  • Demande-toi si la situation de logement est tenable sur le long terme

Stratégies de sécurité générales :

  • Ne confronte jamais quelqu'un directement sur ses opinions problématiques, sauf si tu es dans un environnement sûr et entouré·e
  • « Méthode du caillou gris » - reste poli·e mais ennuyeux·se, donne des réponses minimales qui n'invitent pas à poursuivre l'échange
  • Fais confiance à ton instinct - si quelqu'un te met mal à l'aise, limite le contact même si tu ne peux pas expliquer pourquoi
  • Tisse des liens avec des allié·es dans les espaces partagés, qui pourront te soutenir ou intervenir si besoin. Nous, on se protège.

N'oublie pas : tu ne dois à personne ton temps, ton énergie ou tes informations personnelles, même si ces personnes vivent près de chez toi ou partagent des espaces communautaires avec toi. Ta sécurité passe avant tout, et c'est normal d'être stratégique dans la façon dont tu gères les relations difficiles.

L'idée, c'est de construire un pouvoir collectif qui protège mieux tout le monde, quand et là où c'est possible. De bonnes relations entre voisin·es, c'est une forme de sécurité collective qui profite à tout le monde et qui aide à construire le monde pour lequel on se bat. Tout le monde n'a pas forcément des voisin·es proches ouvert·es à ce genre de relation, et c'est tout à fait normal. Concentre-toi sur ce qui est possible dans ta situation, même s'il ne s'agit que d'un seul lien ou que ça prend du temps.

Comment tisser des liens solidaires avec tes voisin·es

  1. Fais une liste des voisin·es avec qui tu pourrais créer de bonnes relations
  2. Présente-toi à tes voisin·es proches si ce n'est pas déjà fait
  3. Échange tes coordonnées avec des voisin·es de confiance (exemple de message ci-dessous)
  4. Prévois un moment pour partager un repas ou un verre et parler d'entraide en cas d'urgence, de déplacement ou de problèmes de sécurité
  5. Pense à rejoindre des groupes de quartier ou des réunions locales
  6. Pense à créer un groupe Signal/WhatsApp de quartier pour que tout le monde puisse facilement partager des ressources et des invitations. (WhatsApp protège moins la vie privée que Signal, mais il est sûrement plus familier pour beaucoup de gens).

Exemple de message : "Salut tout le monde, je me demandais comment on pourrait mieux s'entraider entre voisin·es. Ça vous dirait qu'on se retrouve autour d'un café/dîner dans les prochaines semaines pour parler de comment on pourrait veiller les un·es sur les autres ? Je pense à des choses comme partager nos contacts d'urgence, récupérer les colis des un·es et des autres, et tout simplement être plus soudé·es entre voisin·es. Est-ce que [jour/heure] vous irait ?"

Section 4 : Plan d'évacuation

Cette section t'aide à te préparer aux situations où tu pourrais devoir quitter rapidement ton domicile à cause de menaces venant de personnes qui n'ont aucun lien avec la police ou le gouvernement. Il peut s'agir de menaces de personnes hostiles de ton entourage, de groupes extrémistes qui ciblent nos mouvements ou d'autres problèmes de sécurité qui rendent dangereux le fait de rester chez toi. Planifier une évacuation, ce n'est pas la même chose que se préparer au scénario « les flics à la porte », parce que là, tu choisis de partir de toi-même au lieu d'y être forcé·e par les autorités.

L'objectif est d'avoir des plans clairs à la fois pour les situations à court terme (passer une nuit ailleurs le temps que les choses se calment) et pour les situations à plus long terme (devoir rester ailleurs pendant des jours ou des semaines). Avoir ces plans prêts, ça te permet d'agir vite et en sécurité plutôt que de prendre des décisions dans la panique quand tu as peur. N'oublie pas : évacuer ne veut pas toujours dire que la menace est devant ta porte — parfois, partir de façon préventive quand tu sens que le danger monte est le choix le plus sûr.

Comment prévoir un moyen de transport et un hébergement d'urgence

  1. Transport : Détermine comment tu vas te rendre à ton lieu sûr, y compris des solutions de transport de secours et l'itinéraire le plus sûr à emprunter.
  2. Hébergement sûr à court terme : Confirme un endroit précis où tu peux passer une nuit en sécurité si tu dois quitter rapidement ton domicile en raison de menaces d'acteurs non étatiques.
  3. Hébergement sûr à long terme : Trouve un endroit où toi et les autres membres de ton foyer pouvez rester en sécurité pendant 1 à 2 semaines si tu ne peux pas rentrer chez toi pendant une longue période.

Si une personne menaçante débarque chez toi sans prévenir, c’est bien d’avoir déjà réfléchi à la façon dont tu sortirais. Quelques questions que tu peux te poser :

Comment se préparer à partir en urgence

  1. Où sont les sorties de mon logement ?
  2. Est-ce que les personnes qui vivent avec moi et moi-même avons un moyen de quitter facilement les lieux et de nous mettre en sécurité si une personne menaçante se trouve devant ma porte d’entrée ?
  3. Existe-t-il des moyens de se mettre en sécurité adaptés à mes capacités et à celles de toutes les personnes qui vivent avec moi ? Devons-nous prévoir des plans différents pour les personnes qui ont des capacités ou des besoins d’accessibilité différents ?
  4. Si je n’ai pas de moyen accessible de sortir rapidement, y a-t-il des voisin·es de confiance que je pourrais appeler pour nous aider à nous sentir en sécurité ou à désamorcer la situation, afin d’éviter d’appeler les flics ? (Pense à en parler avec elleux à l’avance pour leur dire ce dont tu pourrais avoir besoin de leur part dans ce rôle).

Si tu ne peux pas emmener avec toi les personnes ou animaux qui dépendent de toi, ou si tu estimes qu'il serait plus sûr de te séparer d'eux en cas d'évacuation :

Si tu dois quitter ton domicile, prévois qui t'aidera à prendre soin :

  • Enfants
  • Membres âgés de ta famille
  • Animaux de compagnie
  • Autres personnes ou animaux à ta charge

Prépare et entretiens un « sac d'urgence » avec l'essentiel pour passer une nuit loin de chez toi.

Préparer un sac d'urgence et en renouveler le contenu, ça demande pas mal de travail, mais on t'encourage à faire un premier petit pas et à avancer à partir de là.

Comment préparer un sac d'urgence de base

L'essentiel à prévoir :

  1. Articles de toilette essentiels
  2. Médicaments
  3. Chargeur de téléphone
  4. Copies de documents importants
  5. Des vêtements de rechange
  6. De l'argent liquide pour les urgences
  7. En-cas / barre énergétique

En savoir plus sur les sacs d'urgence :

Se mettre d'accord sur où et à quelle fréquence vous communiquerez peut aider tout le monde dans votre réseau de contacts d'urgence à se sentir rassuré au milieu du stress d'une crise. Ça peut aussi les aider à savoir quand s'inquiéter s'ils et elles n'ont pas eu de vos nouvelles depuis un certain temps.

Comment établir un accord de communication

  1. Décidez à quelle fréquence vous donnerez des nouvelles à votre réseau de soutien
  2. Décidez quelles plateformes vous utiliserez (Signal, etc.)
  3. Décidez quelles informations vous partagerez sur votre localisation et votre situation
  4. Si c'est utile, dites aux gens ce qu'ils et elles doivent faire s'ils et elles n'ont pas de vos nouvelles après un certain délai. Que doivent-ils et elles faire pour vous obtenir davantage de soutien ?

Vous pouvez ajouter ces informations à votre document Fiche de planification de sécurité.

Comment attribuer les rôles

Sache exactement qui contacter pour chaque type d'aide pendant l'évacuation.

  1. Identifie une personne pour le soutien émotionnel
  2. Identifie une personne pour l'aide logistique
  3. Identifie une personne pour t'aider à prendre des décisions
  4. Identifie une personne qui peut accéder à ton logement si besoin

Vous pouvez ajouter ces informations à votre document Fiche de planification de sécurité.

Section 5 : Évaluation de crise personnelle

Réfléchis à ce qui t'aide à garder les idées claires, aux besoins de base que tu pourrais oublier et au type de soutien dont tu as besoin pour prendre des décisions dans les moments de grand stress. Ça peut t'aider de mettre un minuteur et d'écrire librement pendant 5 à 8 minutes sur chacune des questions ci-dessous, ou simplement de noter quelques points pour chacune. L'objectif, c'est une réflexion honnête sur toi-même, pas des réponses parfaites.

L'objectif : Pendant une crise, on vit souvent des changements cognitifs : ton cerveau peut passer en mode combat/fuite, tu peux te sentir dépassé·e ou avoir du mal à prendre des décisions. En sachant à l'avance ce qui **t'**aide, toi en particulier, à réfléchir plus clairement sous pression, tu peux intégrer ces soutiens dans ton plan de crise.

Concrètement, ça donne quoi : Les gens réagissent au stress de façons très différentes, et ce qui les aide à mieux fonctionner varie aussi. Par exemple :

Certaines personnes réfléchissent plus clairement quand elles :

  • Prennent quelques grandes respirations ou font un petit exercice de respiration
  • Notent les choses par écrit ou font des listes pour organiser leurs pensées
  • Parlent de la situation à voix haute avec quelqu'un en qui elles ont confiance
  • Prennent un moment de calme seules pour digérer avant d'agir
  • Bougent un peu (font le tour du pâté de maisons, s'étirent)
  • Se répètent une phrase ou un mantra précis qui les recentre

Certaines personnes ont besoin :

  • Que quelqu'un les aide à découper les gros problèmes en petites étapes
  • D'éviter de prendre des décisions importantes quand leur stress est à son comble
  • D'une personne de confiance pour vérifier leur raisonnement
  • De plus de temps pour assimiler les informations avant de répondre
  • De musique de fond ou de silence

Comment évaluer ce dont tu as besoin face au stress

Repense à des situations stressantes que tu as vécues : peut-être une urgence médicale, une crise au boulot, un problème familial, ou même un contrôle routier par les flics. Qu'est-ce qui t'a aidé·e dans ces moments-là ? Qu'est-ce qui a empiré les choses ?

Ce que les gens oublient souvent quand ils sont stressés :

  1. Manger
  2. Boire de l'eau
  3. Prendre ses médicaments
  4. Dormir
  5. Se doucher/hygiène de base
  6. Contrôler sa glycémie, utiliser son inhalateur de secours, etc.

Exemple : « Je sais que quand je suis vraiment stressé·e, j'oublie de manger, puis je tremble et je n'arrive plus à réfléchir correctement. Alors je vais demander à ma personne de confiance de me rappeler de manger quelque chose toutes les quelques heures si on traverse une crise, et je vais garder des barres protéinées dans mon sac d'urgence. »

Comment évaluer les besoins que tu risques d'oublier

Repense à des périodes stressantes que tu as vécues : peut-être quand tu étais malade, que tu traversais une crise familiale, des échéances au travail, des problèmes de couple ou des difficultés financières. Quels besoins de base as-tu négligés ? Qu'est-ce que tes ami·e·s ou ta famille ont dû te rappeler de faire ?

En cas d'urgence, tu devras peut-être prendre rapidement des décisions importantes : faut-il évacuer, qui appeler, comment réagir face aux autorités ou où aller pour être en sécurité. Mais le stress peut altérer ton jugement, te faire douter de toi ou te paralyser. Savoir quel type de soutien t'aide à prendre des décisions, ça peut se préparer à l'avance.

Différentes façons de prendre des décisions sous le stress + demandes adaptées :

  • Les impulsif·ves : prennent des décisions rapides qu'iels regrettent ensuite et ont besoin de quelqu'un pour les freiner

    « J'ai tendance à paniquer et à vouloir partir tout de suite. J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à ralentir et à réfléchir si c'est vraiment l'option la plus sûre »

  • Les catastrophistes : imaginent toujours le pire scénario et ont besoin d'aide pour voir d'autres possibilités

    « J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à réfléchir si cette menace est assez sérieuse pour que je quitte ma maison »

  • Les personnes qui cherchent à plaire : prennent des décisions en fonction de ce que veulent les autres plutôt que de leur propre sécurité

    « J'ai besoin de quelqu'un pour me rappeler que je n'ai pas à être poli·e avec les flics s'ils sont à ma porte »

  • Les personnes qui réfléchissent trop et/ou qui se figent : se retrouvent bloquées face à trop d'options et ont besoin d'aide pour réduire les choix, et/ou n'arrivent à prendre aucune décision et ont besoin d'être guidées en douceur à chaque étape

    « Je suis vite submergé·e par les choix. J'ai besoin de quelqu'un qui me donne 2 ou 3 options claires plutôt qu'une infinité de possibilités »

Comment évaluer le soutien dont tu as besoin pour prendre des décisions

Repense à des décisions stressantes que tu as dû prendre par le passé : urgences médicales, crises au travail, problèmes relationnels, soucis d'argent. Comment as-tu géré la prise de décision ? As-tu été paralysé·e ? Fait des choix impulsifs ? Trop réfléchi à tout ? Quel type de soutien t'a aidé·e, ou qu'est-ce qui t'a manqué ?

Cartographie de pod : construire ton réseau de soutien

La cartographie de pod est un outil puissant de planification de crise qui va plus loin que le fait d'avoir une seule personne de confiance. Il s'agit de créer un réseau intentionnel de 3 à 5 personnes ou plus, qui apportent chacune des compétences et des ressources différentes pour te soutenir en cas d'urgence. Cette approche demande plus de planification, d'énergie et de coordination que le modèle de la personne de confiance principale unique, mais elle peut offrir un soutien plus complet et plus solide.

La cartographie de pod complète ta personne de confiance principale — vois ta personne de confiance comme ta bouée de sauvetage immédiate, et ton pod comme ton écosystème de soutien plus large. Cette section est facultative parce qu'elle demande de construire de vraies relations et de communiquer régulièrement, mais elle peut être extrêmement précieuse pour les personnes qui veulent un réseau de soutien plus solide et qui ont la capacité de l'organiser.

Découvre la cartographie de pods - une méthode pour construire des réseaux de soutien intentionnels, créée par Mia Mingus, organisatrice pour la justice handie. Cette approche t'aide à réfléchir de manière stratégique aux personnes de ton entourage et à la façon dont elles peuvent te soutenir en situation de crise. Comprendre ces concepts t'aidera à construire un réseau de soutien plus solide et plus intentionnel, au-delà d'une seule personne de confiance.

→ Lire une introduction approfondie aux pods (de SOIL, en anglais)

→ Télécharger la fiche originale de cartographie de pod (Mia Mingus, en anglais)

Identifie 3 à 5 personnes qui peuvent t’apporter différents types de soutien en cas de crise. Il n’est pas nécessaire que ce soient tes ami·es les plus proches, mais ce doivent être des personnes en qui tu as confiance et qui ont accepté de t’aider.

Tu peux imprimer la fiche de cartographie de ton cercle de soutien et la remplir, si ça peut t’aider.

Retrouve les membres de ton cercle de soutien pour parler des rôles de chacun·e, de vos attentes mutuelles et de la façon dont vous allez communiquer en cas de crise. Assure-toi que chaque personne comprend son rôle et l’accepte librement.

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